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KADAM-KADAM DES ARTS ET DES HOMMES SE REUNISSENT AU TOGO POUR LE DEVELOPPEMENT SOCIAL ET CULTUREL |
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Une histoire Les artistes dont les productions ont traversé
l’Histoire viennent régulièrement nous interpeller, nous interroger,
nous bousculer. Nous voici donc, tous ensemble, héritiers d’une pléïade
de témoignages, d’images mouvantes. Il ne nous en faudrait pas moins
pour tenter de saisir ces mille autres vies qui ne furent pas les nôtres.
Certaines œuvres nous touchent davantage. Certaines fenêtres sur le
monde. Nos parents, nos grands frères, les artistes d’hier et d’aujourd’hui
nous rappellent que chaque matin peut être un art, une rencontre sensible.
Quant à demain ? C’est bien l’enjeu. Nous sommes libres de développer,
de valoriser nos capacités à peindre le monde. En France, en dépit de
difficultés budgétaires récurrentes, les arts restent féconds grâce
au combat tenace des hommes de la culture et des citoyens et nous pouvons
en être fiers. Allons voir un peu plus loin comment peut se vivre cet
élan. Le Togo et ses étoiles filantes Entrons un moment au
Togo. Une végétation riche sous un ciel immense - les constructions
demeurant basses à l’exception modérée du centre-ville à Lomé et des
châteaux Tamberma au Nord. L’hospitalité nous déroute. La convivialité
nous met en joie. La misère nous saisit. De fait, chaque jour, les droits
de l’homme et sa dignité sont honteusement insultés, bafoués. Depuis
1977, le pouvoir d’achat n’a pas cessé de diminuer, la dévaluation du
franc CFA en 1994 venant encore aggraver la paupérisation. A l’heure
actuelle, le SMIG n’atteint pas 14 000 francs CFA (21€) ;
70% de la population survit avec moins de 600 francs CFA par jour (0,91€).
Le passé colonial a accouché
d’un petit pays longiligne et multiculturel. Les tensions ethniques
persistent en cette cohabitation de valeurs, de systèmes de pensée,
de rythmes, de danses, etc. L’unité doit encore se construire, se renforcer
pour que la paix demeure. La réconciliation nationale ne peut être l’apanage
des seuls artistes. Néanmoins leur travail constitue une médiation de
taille dans le dialogue entre peuples de cultures et de langues différentes,
entre aînés et cadets, entre tradition et modernité. La politique culturelle
semble hélas se chercher encore. En terme d’infrastructures, il n’existe
quasiment rien. Existe-t-il toujours des artistes au Togo ? Ceux
qui veulent exister ou avancer ne doivent compter que sur eux-mêmes.
C’est la débrouille générale. Quelques artistes saisissent donc l’opportunité
d’émigrer. Les autres se reconvertissent en taxi-motos, en commerçants...
Et une infime minorité décide de s’accrocher en travaillant d’autant
plus. C’est celle qui nous intéresse ici. il etait une fois Kadam-Kadam L’aventure débute à Lomé
dans les années 90. La crise sévit. La population est abattue par la
précarité croissante, les entorses à la démocratie, les politiques sociales
en sommeil prolongé... Toute la population est abattue ? Non !
Il subsiste ici et là des énergies qui se rassemblent pour impulser
des actions favorables au développement. Dans le domaine artistique,
ce sont quelques hommes de théâtre qui fructifient leurs prises de conscience
et leurs réflexions pendant plusieurs années jusqu’à donner naissance
au Théâtre Kadam-Kadam en 1996, puis à l’Association Socioculturelle
Kadam-Kadam en 1998. Etymologiquement, Kadam-Kadam
a trois origines qui signifient respectivement : « de succès
en succès », « petit à petit » et… « ça bouge, ça bouge ! ». L’esprit kadamien est imprégné de ces sens. Là où les associations
humanitaires et les regroupements artistiques tendent à durer le temps
d’un spectacle ou d’une mission, Kadam-Kadam préfère avancer patiemment
pour bâtir une structure pérenne, animée d’ambitions à court, moyen,
long et très long terme. Chaque obstacle vaincu, chaque étape franchie
constitue une pierre de l’édifice. L'objectif est de valoriser
l’humain par la culture, en suscitant l’échange, la création tradi-moderne et la promotion socio-artistique,
notamment dans les milieux les plus pauvres et/ou les plus à distance
d’un accès à la culture. Par son engagement et
ses compétences multiples (anthropologue, dramaturge, comédien,
metteur en scène, administrateur culturel, directeur artistique), le
président fondateur Luc Alanda Koubidina
a largement contribué au développement de l’association. Sa rigueur,
sa force de travail, sa simplicité et son talent ont donné à d’autres
l’envie et le courage de s’y investir à leur tour : des comédiens,
des musiciens, des plasticiens et d’autres collaborateurs - juriste,
webmaster, sociologue, écrivain… Voilà comment
a grandi le projet. Riche en ressources humaines, il s’incarne en trois
pôles : théâtre, musique, action sociale. Sur le plan artistique,
Kadam-Kadam choisit de travailler minutieusement toutes ses œuvres pour
qu’à chaque fois le public s’étonne, s’émerveille, s’«endjaye».
Plus de 250 représentations théâtrales dans les écoles, les marchés,
les villages, les centres culturels, les festivals. Plusieurs s’inscrivent
dans une démarche sociale ou sanitaire, tel Le
Mal du Sang, créé pour sensibiliser à la prévention du sida. Presque
toutes les pièces ont reçu un prix au cours de rencontres artistiques
en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale. Quant au groupe musical,
il se produit également sur scène avec un premier album, Magnim, et la maquette d’un second.
Kadam-Kadam organise par ailleurs des formations au bénéfice des scolaires,
des volontaires et des milieux villageois touchés par le projet Ekua-Alê (décrit ci-dessous) ainsi qu’aux
membres de l’association eux-mêmes. La formation continue en interne
et la promotion ont ainsi permis à plusieurs de tracer leur sillon sur
la scène internationale. Enfin, l’action sociale constitue un pilier
en chacune de ces initiatives, tout particulièrement au carrefour d’échanges
Ekua-Alê. RASSEMBLER Ekua-Alê, voici un mot qui désigne
S’y rassemblent les volontaires
de Kadam-Kadam, les autres volontaires - venus de la sous-région et d’autres continents - et la population locale.
Le programme est agencé en amont, en fonction d’une part de la demande
des habitants, d’autre part des compétences et des attentes des volontaires.
Y ont prédominé jusqu’à présent : le soutien scolaire, les ateliers
de formation artistique et artisanale, les temps de partage d’idées,
de traditions, et les spectacles. La notion de passage dans un milieu
invite à beaucoup d’humilité face aux désirs d’y être utiles mais il
se fait que les individus et les communautés en présence témoignent
d’une empreinte forte, positive et durable de ces trois semaines. Depuis
la 1° édition en 2003 jusqu'à la 5° en juillet prochain, c'est un rassemblement
qui trouve des prolongements en chacun et se construit sans cesse avec
tous. Pour les années à venir, l’association
travaille sur la mise en place d’un centre socioculturel en banlieue
loméenne. Baptisé MASK ou Maison des Arts
et du Social Kadam-Kadam, ce projet a vocation à servir à la fois de
centre de créations, de formations, de résidences et de répétitions,
doté d’une bibliothèque et d’une médiathèque, et de salle de spectacles.
Il s’agit de répondre aux carences d’infrastructures dans la zone concernée
pour que puissent converger quelque part les énergies, les intelligences,
les habiletés des jeunes et des moins jeunes. EN GUISE DE CONCLUSION Leur site : www.kadam-kadam.africa-web.org
Si vous souhaitez participer
à Ekua-Alê 2008 sur le Mont
Agou, vous y trouverez la fiche d’inscription
ainsi que les informations et coordonnées utiles. -
vous mettre en contact avec l’association: -
envoyer un don de matériel à : Kadam-Kadam
13BP61 Lomé-Togo -
effectuer un versement sur le compte de
Kadam-Kadam |
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